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Il arrive souvent que la réalisation de nos projets soit limitée par des stéréotypes plus ou moins enracinés dans la mentalité sociale. Je ne suis, bien évidemment, pas un adepte de ces poncifs mais, comme chacun sait, la vie quotidienne en regorge. En écoutant la radio, en regardant la télévision ou en lisant les journaux, nous subissons tous l'influence des médias qui nous inculquent des choses que nous nous efforçons, en réalité, de combattre. Toujours pressés, nous n'avons pas le temps nécessaire pour se pencher sur ces poncifs bien entretenus par les médias, la mode et l'opinion publique. Pourtant, il ne s'agit pas de futilités. On dit qu'au XXIe siècle, les hommes sont libres de la censure, mais... La réalité contredit malheureusement les normes "politiquement correctes". L'intérêt que les médias vouent aux actions artistiques des créateurs de la partie occidentale de l'Europe est beaucoup plus grand que celui qu’ils accordent aux artistes du côté est. Un ami hollandais me disait qu'il pouvait être outsider en Pologne et en vivre, à quoi je lui répondis qu'il me fallait travailler beaucoup pour me maintenir au niveau même d'un outsider. Une petite anecdote tirée de la vie…

Dans ma présentation de la "Zielona Galeria" [galerie verte], j'aurais pu ne pas écrire tout cela, car cette introduction a peu avoir avec le sujet à proprement parler. Mais en guise de véritable introduction, j'ai voulu dire quelles circonstances m’ont fait attendre 15 ans avant de réaliser ce projet. J'attendrais probablement encore si je n'avais pas rencontré sur mon chemin Klara Kopcińska et Józef Żuk (Warszawska Galeria 2b). Ils ont inclus ma proposition de "Zielona Galeria" au parc Praski dans leur projet "transFORM nad Wisłą" [transFORM au bord de la Vistule].

Après que le projet de "Zielona Galeria" a été accepté par les organisateurs, j'ai commencé à chercher une équipe spécialisée en miniatures et capable d'effectuer le travail dans un lieu publique. C'est à ce moment-là qu'ont surgit les premières difficultés. Il s'est avéré que la plupart de mes collègues ne faisaient pas de petits formats et ceux qui en faisaient préféraient le calme de l'atelier au travail sur le terrain. Finalement, le groupe s'est constitué de deux personnes seulement: de moi-même et d'une amie russe, Katia Sokolowa-Zyzak.

Nous avons commencé la réalisation au début du mois de juin. Nous étions très prudents, au départ, et observions les réactions des promeneurs pour voir s'ils acceptaient ce projet, réalisé pour la première fois en Pologne sur de la matière vivante. Nous étions méfiants et nous nous préparions psychiquement à un éventuel changement d'espace et à une possible réalisation du projet dans un lieu moins fréquenté, donc moins visible. Mais, à notre surprise, la réaction des promeneurs était étonnamment bienveillante. Les gens nous demandaient qui nous étions, ce que nous faisions, s'il y aurait une suite à ce travail. Ils nous disaient que la "Zielona Galeria" était une excellente idée. Nous avions 100 % de satisfaction!

Ce n'est qu'une semaine plus tard, alors que je préparais quelques miniatures pour l'ouverture de "Zielona Galeria" au parc Praski de l'autre côté de la Vistule, que j'ai été confronté à la première réaction négative. Une dame promenant son chien m'a menacé de me dénoncer à la police et aux écologistes. Sans réfléchir, elle a conclu que j'empoisonnais les arbres et que j'étais un vandale. Cela me rappelait un film de Bareja où une femme de ménage accuse une personne achetant de la viande d'être un rustre, et puisqu’un rustre donc un ivrogne et puisqu’un ivrogne donc un voleur....etc. J'ai fait peu de cas de cet incident et cela m'a coûté plusieurs semaines de rédactions de courriers explicatifs et une visite à (l'Inspection ?) de la Protection de l'environnement. Heureusement pour nous (auteurs et organisateurs), tout s'est bien terminé et l'on peut toujours voir nos miniatures au parc Praski. Oufff…

Plus tard encore, j'ai réussi à mener à terme quelques actions en lien avec la "Zielona Galeria" qui ont eu lieu rue Stalowa à Varsovie et à Dąbrowa Dolna dans la voïvodie świętokrzyskie.

Description du projet: l'idée que je propose puise dans des traditions, presque oubliées déjà, de l'Europe Centrale et Orientale. A l'époque préchrétienne, certaines espèces d'arbres étaient considérées comme saintes et, donc, décorées. Aujourd'hui encore, on peut voir les restes de ce respect porté à l'arbre: en Pologne et dans d'autres pays, on rencontre des petites chapelles chrétiennes suspendues dans les arbres.

Je sais que la réalisation de ce projet rapprochera l'homme de la nature et de l'art dont il fait partie. Je pense qu'à l'époque du béton, de l'acier et du verre, on peut - on doit même - investir dans les actions urbaines écologico-artistiques et créer dans les parcs, squares et cours d'immeubles des "Zielone Galerie" en plein air. Pour une grande partie de gens, ces galeries deviendraient le premier contact avec l'art.

Je propose de créer, dans les arbres (sur des branches coupées ou dans des endroits où l'écorce est abîmée), des travaux de peinture qui protégeraient l'arbre contre le pourrissement et montreraient aux gens que l'arbre est une valeur immanente.

Comme je l'ai déjà mentionné, il ne s'agit pas de l’invention issue de l’imagination blasée d'un artiste. L'idée puise, au contraire, dans les racines de notre culture presque oubliée.

Au projet "Zielona Galeria" participeront les artistes qui maîtrisent la forme de la miniature.

Le projet au parc Praski a été réalisé par: Katia Sokolowa-Zyzak (Russie) et Linas Domarackas (Lituanie).


Texte: Linas Domarackas
Traduction: Sadia Robein

www.2b.art.pl
www.przemianywisly.pl



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